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Pompe de relevage eaux usées : fonctionnement, types et bon choix

Comment fonctionne une pompe de relevage des eaux usées : composants, eaux grises ou vannes, protection contre le reflux, contrôle et entretien selon la FFB.

Claire Vasseur Rédaction, pompes-eaux-usees.com Mis à jour le 3 novembre 2026
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10 min
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10
Mise à jour
3 Nov 2026
Pompe de relevage eaux usées : fonctionnement, types et bon choix
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Sommaire de l’article
  1. Pourquoi relever les eaux usées
  2. Les composants d'un poste de relevage
  3. Le trajet d'un rejet jusqu'à l'égout
  4. Eaux grises ou eaux vannes : la question qui décide de tout
  5. Pompe seule ou poste complet
  6. Les repères d'installation à connaître
  7. Se protéger du reflux : la pompe ne fait pas tout
  8. Mise en service, contrôle et entretien
  9. Comment choisir sa pompe de relevage
  10. Questions fréquentes sur la pompe de relevage des eaux usées

Une pompe de relevage envoie vers l’égout les eaux d’un appareil situé plus bas que le réseau de collecte. Elle travaille presque toujours dans une cuve étanche, avec un flotteur qui la déclenche et un clapet anti-retour sur la conduite de refoulement. Le bon choix dépend d’abord de ce que l’on rejette : eaux grises ou eaux vannes.

Pourquoi relever les eaux usées

L’eau usée descend par gravité, tant que la canalisation peut s’écouler vers le réseau. Quand ce n’est plus le cas, il faut la remonter. La Fédération française du bâtiment (FFB) le formule ainsi : un poste de relevage s’installe chaque fois que le niveau d’évacuation des eaux usées est situé en contrebas du réseau de collecte.

Ce cas est courant dans le bâti ancien et dense. Pensez à la cave d’un immeuble haussmannien transformée en pièce de vie, à la loge de gardien en sous-sol, au studio en rez-de-jardin sous le niveau de la rue, ou au pavillon à sous-sol bâti sur les coteaux des Hauts-de-Seine. Dans chacun de ces cas, la douche, le lavabo ou le WC se trouvent plus bas que le collecteur : sans relevage, l’eau n’a nulle part où aller.

Le relevage répond aussi à un autre risque, le reflux. Lors de fortes pluies ou quand l’égout est obstrué, l’eau peut remonter par les siphons des appareils les plus bas. Nous y revenons plus bas, avec la boucle de reflux et le clapet anti-retour.

Les composants d’un poste de relevage

D’après la FFB, un poste de relevage réunit quatre éléments. Une cuve étanche, en plastique ou en béton, dotée d’une aération. Une pompe immergée, avec ses détecteurs de niveau. Un système à flotteur, qui démarre la pompe lorsque l’eau atteint le niveau minimal. Enfin, une conduite de refoulement, qui peut porter un clapet anti-retour.

Le rôle de chacun est simple. La cuve reçoit les rejets et les retient le temps qu’il faut. Le flotteur surveille le niveau et commande la pompe. La pompe expulse l’eau dans la conduite de refoulement. Le clapet empêche l’eau déjà refoulée de redescendre dans la cuve. Pour le détail de l’ensemble, notre page sur la station de relevage des eaux usées le reprend point par point.

Le trajet d’un rejet jusqu’à l’égout

Voici, dans l’ordre, ce que traverse un rejet une fois le poste installé.

  1. L’appareil rejette son eau : douche, lavabo, évier, lave-linge, ou WC selon l’installation.
  2. La cuve étanche reçoit l’eau. Elle est aérée.
  3. Le flotteur monte avec le niveau et déclenche la pompe au niveau minimal.
  4. La pompe immergée expulse l’eau vers la conduite de refoulement.
  5. Le clapet anti-retour, quand la conduite en porte un, empêche le retour de l’eau vers la cuve.
  6. La boucle de reflux fait passer la conduite et la base de la boucle au-dessus du niveau de reflux, généralement le niveau de la voie en terrain plat au point de raccordement.
  7. Le collecteur reçoit enfin l’eau, dans le réseau d’assainissement.

Eaux grises ou eaux vannes : la question qui décide de tout

La FFB distingue les eaux vannes, c’est-à-dire celles qui contiennent des matières fécales, des eaux usées domestiques sans matières fécales. Dans le langage courant, on parle d’eaux grises pour désigner ces dernières : douche, lavabo, évier, lave-linge.

Cette distinction change les exigences. Elle change aussi la nature de la pompe. Une pompe de relevage d’eaux vannes traite des effluents chargés de matières solides et de papier. Il lui faut un passage libre suffisant, ou un dilacérateur. Les confondre avec une pompe vide-cave, conçue pour de l’eau claire, mène à la panne. Pour chaque cas, nous avons un guide dédié : la pompe de relevage des eaux vannes et la pompe de relevage des eaux grises.

Eaux grises (sans matières fécales)

Conduite de refoulement d’au moins 32 mm, selon la FFB. Cette valeur ne vaut que pour des eaux usées domestiques sans matières fécales : elle ne s’applique jamais à un WC.

Eaux vannes (avec matières fécales)

Conduite de refoulement d’au moins 80 mm. La station est ventilée jusqu’à l’air libre, au-dessus du toit. La cuve est simplement posée, sans être solidarisée à la structure du bâtiment.

Autre précision de la FFB pour les eaux vannes : la ventilation ne se raccorde jamais côté entrée d’un bac à graisses, et la conduite de refoulement ne porte pas de purgeur d’air. Les raccordements souples, enfin, servent à limiter le bruit.

Pompe seule ou poste complet

La question revient souvent. Les documents de la FFB décrivent le poste de relevage comme un ensemble : cuve, pompe, flotteur, refoulement et clapet. C’est cet ensemble qui assure la protection, pas la pompe prise isolément.

Le choix entre les deux dépend de l’installation : appareils raccordés, nature des eaux, place disponible, conduite de refoulement. Il ne se décide pas à distance, sur un catalogue. Un professionnel regarde les lieux, le niveau du collecteur et ce que l’on veut raccorder. Vous pouvez lui décrire votre installation pour avancer.

Les repères d’installation à connaître

La FFB fixe plusieurs dimensions de référence pour poser un poste. Elles sont reprises ici telles quelles.

Repères d'installation d'un poste de relevageZone de travail autour de la cuve60cm minimumPente vers la station1% minimumRefoulement eaux vannes80mm minimumRefoulement sans matières fécales32mm minimumSource : FFB, conditions de raccordement à une station de relevage, consulté le 2026-11-03

La zone de travail de 60 cm sert à l’entretien. La cuve peut être enterrée ou installée dans un local du bâtiment. La canalisation qui arrive à la station doit présenter une pente d’au moins 1 % vers elle.

Se protéger du reflux : la pompe ne fait pas tout

Un poste de relevage n’est pas, à lui seul, une protection contre le reflux. La FFB recommande une boucle de reflux : la conduite de refoulement et la base de la boucle passent au-dessus du niveau de reflux. Elle prévoit aussi des vannes d’arrêt, l’une côté arrivée, l’autre sur le refoulement derrière le clapet. Une exception existe pour les stations NF EN 12050-2 ou -3 dont le refoulement est inférieur à DN 80.

À retenir

Si un appareil est sous le niveau de la voie, on relève ou on protège. La pompe seule ne remplace ni la boucle de reflux ni le clapet.

Dans les Hauts-de-Seine, le règlement départemental d’assainissement traite la protection contre le reflux pour les installations situées sous le niveau de la chaussée. La plaquette du Département propose trois pistes : supprimer les appareils et siphons en sous-sol, relever par pompage, ou poser un clapet anti-retour. Le règlement local d’une commune peut différer : renseignez-vous auprès du service d’assainissement dont vous dépendez. Les communes de Paris et des Hauts-de-Seine n’ont pas toutes les mêmes règles.

Mise en service, contrôle et entretien

À la mise en service, la FFB prévoit un essai à l’eau sur au moins deux cycles de démarrage, sans marche à sec. On contrôle aussi la coupure électrique, le sens de rotation, les vannes, les niveaux, l’étanchéité et le clapet. Ces vérifications reviennent à l’installateur.

Ensuite, le suivi est régulier. La FFB recommande de vérifier le fonctionnement une fois par mois, en observant au moins deux démarrages. Pour l’entretien, elle rapporte les fréquences de la norme NF EN 12056-4 : annuel en maison individuelle, semestriel en immeuble d’habitation collectif, trimestriel en commercial ou industriel. Le rinçage de la station se fait tous les 2 ans, avec le nettoyage et le contrôle du clapet, de la pompe et de la cuve.

1 mois entre deux vérifications de fonctionnement, avec au moins deux démarrages observés.

6 mois entre deux entretiens dans un immeuble d’habitation collectif.

1 an entre deux entretiens dans une maison individuelle.

2 ans entre deux rinçages de la station.

Sécurité avant toute intervention

Coupez le courant avant d’approcher la pompe ou le coffret. Le poste doit être alimenté par un circuit dédié, posé par un électricien, avec une protection différentielle 30 mA que l’électricien vérifie. Les eaux vannes présentent aussi un risque biologique : portez des gants, lavez-vous les mains, et ne descendez jamais dans une cuve d’eaux vannes. Le démontage du moteur ne s’improvise pas.

Comment choisir sa pompe de relevage

Quatre questions suffisent pour cadrer le choix. Que rejette-t-on : des eaux grises seules, ou des eaux vannes ? Les premières permettent une conduite d’au moins 32 mm, les secondes exigent au moins 80 mm. Où est le collecteur par rapport à l’appareil le plus bas ? Y a-t-il la place d’une zone de travail de 60 cm autour de la cuve ? Enfin, quelle protection contre le reflux est prévue : boucle, clapet, vannes d’arrêt ?

Si vous ajoutez un WC en sous-sol, vous passez dans le domaine des eaux vannes, avec les exigences correspondantes. Ne faites pas confiance à une pompe grises pour un WC. Un professionnel vérifie ces points sur place.

Les normes citées par la FFB sont la NF EN 12056-4 pour la conception, l’exploitation et la maintenance des stations, et les NF EN 12050-2 et -3. Les canalisations d’évacuation relèvent des NF DTU 60.1 et 60.11, qui ne servent pas à dimensionner une pompe. Le prix, la puissance ou le débit d’une pompe dépendent de l’installation : ils se chiffrent au cas par cas, sur devis. Vous pouvez décrire votre installation pour en obtenir un.

Questions fréquentes sur la pompe de relevage des eaux usées

Faut-il une pompe seule ou un poste complet ?

La FFB décrit le poste comme un ensemble : cuve, pompe, flotteur, refoulement et clapet. Le choix dépend de l’installation (appareils raccordés, nature des eaux, place disponible) et se décide avec un professionnel, sur place.

Pour des eaux grises, une petite pompe suffit-elle ?

Pour des eaux sans matières fécales, la FFB indique une conduite de refoulement d’au moins 32 mm. Quelle pompe retenir dépend du reste de l’installation, et un professionnel doit le valider. Si un WC est ajouté, vous passez aux eaux vannes (au moins 80 mm).

Un clapet seul protège-t-il du reflux ?

Non, pas à lui seul pour un poste de relevage. La FFB recommande une boucle de reflux, dont la conduite passe au-dessus du niveau de reflux, avec des vannes d’arrêt. Un clapet doit aussi être nettoyé et contrôlé régulièrement.

À quelle fréquence contrôler son poste de relevage ?

La FFB recommande de vérifier le fonctionnement une fois par mois, en observant au moins deux démarrages. L’entretien est annuel en maison individuelle et semestriel en immeuble collectif, selon la FFB qui s’appuie sur la NF EN 12056-4.

Quel professionnel contacter pour un poste de relevage ?

Un professionnel de l’assainissement ou de la plomberie, avec un électricien pour le circuit dédié. Pour être rappelé, remplissez le formulaire du site ou passez par la page pour décrire votre installation.

Sources

FFB, Les conditions de raccordement à une station de relevage pour l’évacuation des eaux — composants, dimensions, mise en service, exploitation et entretien.

FFB, Installer une station de relevage (07/09/2017) — boucle de reflux, vannes d’arrêt, pose de la cuve et du refoulement.

Département des Hauts-de-Seine, plaquette anti-reflux — protection contre le reflux des installations sous le niveau de la chaussée.

Qui a écrit ce guide

Claire Vasseur

Rédaction, pompes-eaux-usees.com

Rédactrice. Elle suit le choix du matériel de relevage : eaux grises ou eaux vannes, pompe seule ou poste complet, WC et salles d’eau installés en cave ou en sous-sol.